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À Toulouse, beaucoup de couples partagent une trajectoire similaire : un partenaire en poste dans la fonction publique territoriale (mairie, métropole, département) et l'autre chez Airbus, un sous-traitant aérospatial ou une entreprise tech. La question qui revient souvent est celle-là : la sécurité du fonctionnaire compense-t-elle une progression salariale plus lente ? Et au final, quel parcours prépare mieux la retraite du foyer ?
Ce scénario ne modélise pas l'intégralité du budget mensuel. Les montants d'épargne mensuelle représentent ce que le foyer parvient à mettre de côté chaque mois — une fois le loyer (environ 700 à 900 € hors charges pour un T3 à Toulouse selon l'Observatoire Local des Loyers 2025) et les dépenses courantes couverts. La pension modélisée est une estimation combinée nette des deux partenaires à la retraite, selon le régime de chacun (CNRACL pour le fonctionnaire territorial, CNAV + AGIRC-ARRCO pour le salarié du privé). Elle reflète une hypothèse prudente à réaliste, non un calcul individualisé.
Couple actif à Toulouse, locataires, avec deux revenus stables
Un partenaire dans la fonction publique territoriale (catégorie A ou B), l'autre salarié du privé (secteur aérospatial, tech ou services aux entreprises)
Milieu de carrière, autour de 40 ans, horizon retraite à 64 ans (réforme 2023)
Revenus combinés moyens à moyens-supérieurs (fourchette nette 5 300 à 7 300 €/mois selon les profils)
Objectif : comprendre quel secteur offre plus de sécurité à long terme, et quel effort d'épargne volontaire est réaliste selon la trajectoire choisie
Note : les chiffres du tableau sont des estimations de simulation, en euros d'aujourd'hui (rendement réel). Lancez le simulateur pour recalibrer selon votre situation.
Dans la variante Trajectoire mixte (le cas de base), l'effort d'épargne augmente à mi-carrière, au moment où les deux salaires ont davantage de marge. Les intérêts cumulés jusqu'à 64 ans (103 544 €) représentent près d'un tiers du capital constitué de 337 544 € — la preuve que commencer à épargner tôt, même modestement, crée un levier réel.
La variante Prudent · Gel indiciaire illustre le scénario où le point d'indice de la fonction publique stagne plusieurs années et où le partenaire du privé traverse une restructuration. Le capital à 64 ans (222 599 €) est inférieur d'environ 115 000 € au cas de base, ce qui réduit sensiblement le budget retraite soutenable. C'est le principal risque structurel pour ce profil de foyer.
À l'opposé, la variante Dynamique privé montre qu'une progression dans l'aérospatial permet d'accumuler plus, mais qu'une interruption ou une reconversion coûteuse peut amputer significativement le capital si le foyer n'a pas de matelas de sécurité.
Stabilité vs progression : le cadre d'avancement public est plus prévisible, mais souvent plus lent. Le salarié du privé peut progresser plus vite, mais avec plus de volatilité (gel des promotions, restructurations).
Retraite obligatoire : la pension fonctionnaire (CNRACL) est calculée sur le dernier traitement indiciaire brut (les primes sont exclues). Côté privé, la CNAV retient les 25 meilleures années dans la limite du PASS, tandis qu'AGIRC-ARRCO accumule des points sur le salaire soumis à cotisations, y compris au-dessus du plafond de base pour les cadres. L'asymétrie est significative.
Épargne volontaire : dans quel secteur reste-t-il plus de marge pour cotiser sur un PER ou constituer un capital volontaire ? Et que se passe-t-il si un choc de carrière réduit cette marge ?
Les montants d'épargne augmentent avec l'âge dans toutes les variantes, pour refléter une progression de carrière réaliste sur la durée. Les dépenses ponctuelles restent volontairement simples : un remplacement de voiture autour de quelques dizaines de milliers d'euros, puis un choc de carrière ou de pouvoir d'achat selon la variante. Ces postes servent à tester la résistance du plan, pas à prévoir le coût exact d'un événement futur.
La pension modélisée est une hypothèse forfaitaire nette combinée, pas un calcul actuariel individualisé. Elle varie selon la trajectoire pour refléter les effets du gel du point d'indice (côté public) ou d'une interruption de carrière (côté privé) sur la pension finale.
L'effort d'épargne augmente à mi-carrière, au moment où les deux salaires ont davantage de marge. Cette montée en charge reflète une progression salariale modérée des deux côtés : le fonctionnaire gagne en échelon, le cadre du privé monte en niveau ou change d'employeur. La pension combinée complète ensuite le budget retraite cible : le reste vient du capital constitué avant 64 ans.
L'effort d'épargne est plus contraint pour refléter une pression durable sur le foyer : le point d'indice de la fonction publique a connu des gels prolongés entre 2010 et 2022 — une réalité documentée. En parallèle, le partenaire du privé traverse une période de repositionnement professionnel. Le scénario traduit cette pression par un choc ponctuel au milieu de carrière, ce qui réduit la marge avant 64 ans. La pension combinée descend à 4 000 €/mois (effet conjugué du gel sur le traitement de référence du fonctionnaire et de trimestres CNAV et points AGIRC-ARRCO manquants côté privé). Résultat : le capital à 64 ans est sensiblement inférieur, et le budget retraite soutenable est plus contraint. Dans cette variante, le budget de dépenses retraite est abaissé à 4 350 €/mois, juste sous le niveau soutenable modélisé avec une marge de 60 mois (environ 4 364 €/mois). Un foyer dans cette trajectoire devrait éviter de caler son niveau de vie sur le cas de base sans augmenter l'effort d'épargne avant 64 ans.
Ici, la progression du partenaire privé permet un effort d'épargne plus élevé que dans le cas de base. La pension plus élevée (5 700 €/mois net) reflète une carrière privée continue, avec accumulation AGIRC-ARRCO forte et une fin de carrière publique mieux rémunérée. Le budget retraite cible est 6 800 €/mois — un niveau cohérent pour un couple toulousain qui continue de louer, voyage régulièrement, et dispose d'une marge de confort.
L'hypothèse : le foyer privilégie la sécurité de l'emploi public, au prix d'une progression salariale plus lente côté privé. L'effort d'épargne reste légèrement inférieur au cas de base, mais la pension reste relativement stable (4 800 €/mois) grâce au cadre d'avancement plus prévisible de la carrière fonctionnaire. Le scénario ajoute un petit choc de pouvoir d'achat pour représenter plusieurs années de gel indiciaire, sans en faire une prévision exacte.
L'effort d'épargne est plus élevé grâce à la meilleure progression du partenaire dans le secteur privé. Mais cette variante ajoute aussi une interruption ou une reconversion coûteuse dans l'aérospatial, avec une pension finale plus basse (4 300 €/mois) parce que les trimestres CNAV et les points AGIRC-ARRCO manquants réduisent la retraite obligatoire. La variante montre que l'avantage revenu du privé peut être partiellement compensé par le risque de carrière. À noter : dans ce preset, le budget de retraite prévu reste légèrement au-dessus du niveau soutenable avec marge de sécurité. Il faut donc réduire un peu le budget cible, épargner davantage avant 64 ans ou accepter une marge plus fine.
Choisissez la variante la plus proche de votre situation et ajustez ce qui vous concerne réellement :
Votre catégorie fonctionnaire : les simulations supposent un niveau catégorie A ou B. Pour une cat. C, le traitement de référence est plus bas (moyenne nette 2 060 €/mois en 2023 selon l'INSEE/DGCL) — ajustez l'effort d'épargne et la pension en conséquence.
Vos primes (RIFSEEP) : elles sont exclues de la base de calcul de la pension CNRACL. Si vos primes représentent 25-35 % de votre rémunération totale, votre taux de remplacement effectif sur votre niveau de vie réel sera inférieur au taux nominal de 75 %.
Votre carrière privée : le profil de base suppose un cadre ou quasi-cadre dans l'aérospatial ou la tech toulousaine. Si vous êtes non-cadre, le salaire net et l'AGIRC-ARRCO sont différents — les hypothèses restent larges pour couvrir les deux cas.
Votre loyer actuel : la simulation ne modélise pas le loyer explicitement. Si votre loyer dépasse 900-1 000 €/mois charges comprises, l'effort d'épargne mensuel réel sera inférieur aux montants affichés. Réduisez la contribution mensuelle en conséquence.
Un achat immobilier futur : si vous envisagez d'acheter à Toulouse (prix médian autour de 3 500 €/m² début 2026 selon MeilleursAgents), ajoutez un choc ponctuel correspondant à l'apport et aux frais de notaire (~7-8 % pour l'ancien) — typiquement 50 000 à 100 000 € tout compris pour un T3.
La retraite anticipée : si l'un des partenaires part à 62 ans (carrière longue ou dispositif catégorie active), modélisez une période de 2 ans avec une seule pension, avant que la deuxième s'ajoute.
Votre PER : les deux partenaires peuvent déduire leurs versements PER de leur revenu imposable jusqu'à 10 % de leurs revenus professionnels. Pour un revenu brut de 45 000 à 55 000 €/an, le plafond de déductibilité est de 4 500 à 5 500 €/an par personne (PASS 2025 : 47 100 €).
Ce que la pension fonctionnaire inclut (et exclut) :
La retraite CNRACL (fonctionnaire territorial) est calculée sur le traitement indiciaire brut des 6 derniers mois, à un taux maximum de 75 % pour une carrière complète (172 trimestres selon la réforme 2023). Les primes (RIFSEEP, NBI, etc.) n'entrent pas dans cette base. Elles génèrent en revanche des droits RAFP (Retraite Additionnelle de la Fonction Publique), qui procurent un complément généralement limité. C'est l'asymétrie principale : un fonctionnaire dont les primes représentent 30 % de sa rémunération totale aura un taux de remplacement effectif nettement inférieur aux 75 % affichés.
Ce qui détermine la pension du privé :
Pour le salarié du privé, la pension CNAV est calculée sur la moyenne des 25 meilleures années de salaire, chacune plafonnée au PASS (47 100 €/an en 2025). Le taux plein est de 50 % de ce salaire moyen. La retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, en points, s'applique à la totalité du salaire, y compris au-dessus du PASS pour les cadres. La suppression du malus temporaire en décembre 2023 facilite le départ à l'âge légal. Pour un cadre aérospatial toulousain avec une carrière continue, la complémentaire peut représenter 900 à 1 400 €/mois supplémentaires.
L'écart structurel :
Pour des carrières comparables, les taux de remplacement globaux sont proches entre public et privé (environ 65-73 % dans les deux cas). Mais la sécurité de carrière du fonctionnaire (absence de licenciement économique, cadre d'avancement plus prévisible) protège la base de calcul — tandis que le privé offre potentiellement une progression plus rapide mais avec plus de risques sur l'AGIRC-ARRCO en cas d'interruption.
PER et épargne retraite volontaire :
Les deux partenaires peuvent compléter leur retraite obligatoire via un Plan d'Épargne Retraite (PER). Les versements sont déductibles du revenu imposable, et les plafonds individuels sont généreux (10 % du revenu professionnel brut, avec report des plafonds non utilisés sur 3 ans). Pour ce foyer, la capacité de déduction combinée peut atteindre 10 000 à 12 000 €/an — un levier fiscal concret à utiliser avant la retraite.
Avertissement : Ce scénario et ses résultats sont éducatifs. Ce n'est pas un conseil financier, fiscal ou juridique. Les formules de retraite (CNRACL, CNAV, AGIRC-ARRCO) et les règles fiscales (PER, RIFSEEP) évoluent : vérifiez toujours les paramètres en vigueur avant de prendre une décision. La pension modélisée est une hypothèse forfaitaire combinée, non un calcul actuariel individualisé.